Vin de Buzet

Petit éclairage sur le monde du vin observé de notre petite lucarne.


Au niveau des rapports de force, les vins technologiques, faciles, aussitôt bus aussitôt p…és l’emportent toujours (tant que ça ne fait pas de trous dans les chaussures…).
Vins auxquels sont opposés de plus en plus souvent les vins naturels et les vins issus de raisins cultivés en agriculture biologique ou bio-dynamique. Le sujet fait débat dans tous les supports de communication, preuve s’il en est d’un intérêt grandissant.
Entre les deux, on trouve le vaste monde des vins conventionnels tant sur le plan cultural qu’œnologique.
On a ici les « presque bios » pour lesquels, à votre insu, on a employé un peu de glyphosate parce que l’herbe, c’est pénible à maîtriser, un peu d’insecticide parce que les taches sur les feuilles ça fait rigoler les voisins, un petit produit systémique bien placé parce que la pression maladie est trop forte et qu’on a des impératifs économiques, enfin rien de bien grave !
La certification par un organisme officiel, avec logo AB, demeter ou biodivin après trois années de conversion fournit le seul réel signe d’un engagement… engagement par obligation ou par conviction.
Le vignoble français est le secteur agricole qui enregistre le plus grand nombre de conversions vers l’agriculture biologique, aides à la clef. Espérons que ces choix ne sont pas purement économiques ou commerciaux et qu’ils s’accompagneront d’une petite révolution intérieure.

Vin Buzet biologique

Vous pourrez voir à partir du millésime 2010, le terme « vin biologique » sur les étiquettes, le cahier des charges de vinification biologique européen est en cours de finalisation (vers le 15/12/2009). Cahier des charges réalisé à 27, avec tous les aménagements que cela suppose (acceptation de divers traitements physiques du moûts tels l’osmose inverse ou la flash-pasteurisation, exigence peu contraignantes pour l’emploi du soufre…).
Cette année déjà, les copeaux de bois, récemment autorisés en vinification ont envahi les chais, y compris chez les bios, venant pallier au manque de maturité des tanins.
Finalement, le logo ne garantit pas tout. Nous sommes condamnés à lire derrière les étiquettes pour décrypter l’éthique des producteurs.

AOC Buzet

Et la réforme des AOC ?
Les cahiers des charges ont été réécrits sans grande ambition pour notre appellation. Il va falloir s’autocontrôler, déclarer, être contrôlés : consignations, formalités, avertissements, sanctions et exclusions vont s’intégrer au vocabulaire des opérateurs que nous sommes devenus. La traçabilité, monsieur !
Citons aussi l’organisme d’inspection (le contrôleur), les organismes de gestion (les anciens syndicats d’appellation), les AOC qui deviennent AOP…
Le point positif reste le contrôle et la dégustation des vins au plus proche de la mise en marché, même si le scepticisme est de mise quant à la formation des dégustateurs. Nous allons également devoir tenir un registre parcellaire et consigner le nombre de ceps manquants. Très bien si l’objectif est d’empêcher la production de 60Hl /Ha sur une parcelle qui a 30% de manquants. Quelle sanction pour le vigneron qui ne veut pas arracher sa vigne cinquantenaire et qui ne lui demande que 15 Hl ? A suivre…
Quel traitement des cas particuliers ? Les normes, si elles évitent certaines dérives ou pratiques abusives ne garantissent pas la qualité d’un produit. Rigueur ou rigidité ?
: Allez, une dégustation valant dix analyses, je me demande si on ne va pas aller faire un petit tour de cave du Domaine du Pech !

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